Microsoft lance Azure Linux 4.0 : ce qui change pour les développeurs

21 mai 2026

Microsoft lance Azure Linux 4.0 : ce qui change pour les développeurs

Cela peut sembler contradictoire à première vue. Après tout, nous parlons de l’entreprise qui, pendant des décennies, a été le symbole du monde propriétaire. Or, Microsoft vient de révéler sa propre distribution Linux pour serveurs. L’annonce a eu lieu lors de l’Open Source Summit, et son nom est Azure Linux 4.0.

Pour vous, développeur travaillant avec l’infrastructure dans le cloud, cette nouveauté mérite votre attention. C’est pourquoi nous allons décortiquer ce qui importe réellement dans ce lancement.

Ce n’est pas la première incursion de Microsoft dans le noyau Linux

Avant tout, il faut contextualiser. Ce n’est pas la première incursion de l’entreprise dans le domaine de l’open source. Par exemple, en 2018, Microsoft avait déjà annoncé l’Azure Sphere OS, un système destiné à l’Internet des objets et basé sur le noyau Linux.

Cependant, Azure Linux 4.0 va bien au-delà de cette proposition initiale. Il fonctionne effectivement comme une distribution complète, même si l’accent est mis sur l’usage professionnel. De plus, il faut souligner un point important : Microsoft n’a pas créé ce système à partir de zéro.

La base est Fedora (et cela en dit long)

Voici un détail que tout développeur devrait noter. Azure Linux 4.0 est une distribution basée sur RPM, dérivée directement de Fedora. En d’autres termes, Microsoft a choisi de bâtir sur une fondation déjà consolidée par la communauté.

Selon l’entreprise elle-même, il s’agit d’un système open source, gratuit et optimisé spécifiquement pour l’infrastructure d’Azure. Par conséquent, si vous êtes déjà familier avec l’écosystème Fedora, la courbe d’apprentissage devrait être bien plus douce.

Pourquoi la numérotation commence-t-elle à 4.0 ?

C’est une question légitime. À première vue, il semble étrange qu’un projet « nouveau » voie le jour dès la version 4.0. Cependant, l’explication se trouve dans ses origines.

Tout a commencé en 2020, lorsque le projet est né sous le nom Common Base Linux Mariner, ou simplement CBL-Mariner. À ce moment-là, il s’agissait d’une distribution interne, utilisée uniquement par les services d’infrastructure de Microsoft.

Suite à cela, le système a connu une évolution progressive :

Par conséquent, bien que le chiffre fasse peur, il reflète un parcours continu de maturation.

Le grand saut de Microsoft : du domaine de niche à un usage général

Nous arrivons maintenant au point le plus pertinent pour la communauté des développeurs. Les versions précédentes étaient essentiellement axées sur des applications très spécifiques, en particulier celles basées sur des conteneurs.

Azure Linux 4.0, en revanche, change complètement ce panorama. En effet, il a été conçu pour être une distribution cloud à usage général. En pratique, cela signifie que le système prend désormais en charge une variété beaucoup plus grande de charges de travail.

Probablement, c’est précisément cette ambition qui a conduit le choix de Fedora. Ainsi, le projet gagne à la fois en robustesse et en flexibilité.

Comment mettre la main à la pâte

Si la curiosité était la plus forte, sachez qu’il est possible d’essayer. La distribution possède déjà un dépôt propre sur GitHub, où vous pouvez trouver la page officielle d’Azure Linux 4.0.

Pourtant, il faut rester prudent. Le projet est encore en développement, c’est-à-dire qu’il n’a pas encore atteint la phase de sortie définitive. Si vous souhaitez être averti lorsque la version officielle sera prête, il suffit de remplir le formulaire mis à disposition par l’entreprise.

Un autre point mérite d’être souligné. Ce n’est pas un système pensé pour les ordinateurs de bureau. À tel point que le projet n’offre même pas d’interface graphique, précisément parce que l’objectif est de servir des serveurs et des environnements cloud.

Enfin, il existe une facilité intéressante pour ceux qui utilisent Windows. En plus de l’installation traditionnelle, vous pourrez faire tourner Azure Linux 4.0 directement sur Windows 11, via Windows Subsystem for Linux (WSL).

À quoi s’attendre pour la suite

En résumé, Azure Linux 4.0 représente une démarche stratégique et mûre de Microsoft vers l’open source. Bien plus, elle indique que l’entreprise voit Linux comme une pièce centrale de sa stratégie cloud.

Pour les développeurs, le message est clair. Il vaut la peine de suivre de près l’évolution de ce projet, surtout si votre routine implique une infrastructure sur Azure. Après tout, connaître les outils disponibles élargit toujours vos possibilités.

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Fabien Delpont

Auteur

Fabien Delpont

Fabien Delpont, développeur et créateur du site Python Doctor.