Deepseek a décidé d’entrer dans le jeu du silicium. Selon Reuters, la startup chinoise développe sa propre puce d’IA. De plus, l’objectif est de réduire la dépendance vis-à-vis de Nvidia et de Huawei. Autrement dit, l’entreprise veut dominer le matériel qui alimente ses modèles.
Cette nouvelle surprend pour une raison. Après tout, Deepseek a toujours privilégié les modèles, et commercialisait rarement des technologies. À présent, toutefois, elle se tourner vers le matériel. Ainsi, ce mouvement marque une bascule stratégique.
Deepseek se concentre sur l’inférence pour lutter là où le coût est le plus élevé
La nouvelle puce vise l’inférence. À ce stade, le modèle déjà entraîné répond à l’utilisateur. Par conséquent, l’objectif est l’exécution et non l’entraînement.
Pour les développeurs, ce choix a du sens. Après tout, l’inférence génère le coût récurrent des applications. Chaque appel consomme de la puissance de calcul. Ainsi, plus d’utilisateurs signifient des factures plus élevées.
De plus, la demande d’inférence croît rapidement. De plus en plus, le travail d’IA migre de l’entraînement vers l’exécution. C’est pourquoi des puces spécialisées gagnent de l’espace. Elles ont tendance à coûter moins cher. Elles consomment aussi moins d’énergie que des GPU génériques.
Deepseek veut échapper à l’étau imposé par Nvidia
La dépendance à Nvidia a toujours pesé sur Deepseek. Cependant, les contrôles à l’exportation des États-Unis ont compliqué ce contexte. Des entreprises chinoises se sont vu interdire l’achat des puces les plus avancées.
Pendant ce temps, Pékin pousse ses géants à privilégier des alternatives nationales. Par conséquent, le puce interne répond aussi à une orientation politique. Liang Wenfeng, le fondateur de Deepseek, a déjà reconnu que ces contrôles constituent un défi.
Rappelons le contexte récent. Le modèle de base du R1 a été entraîné sur le H800 de Nvidia. Cette puce, toutefois, a été bloquée par Washington fin 2023. Depuis lors, Deepseek s’est tournée de plus en plus vers Huawei. D’ailleurs, en avril, elle a lancé le V4 adapté aux puces Ascend.
Pourquoi l’inférence est devenue le territoire le plus disputé
L’enjeu de Deepseek suit une logique de marché. Après tout, l’inférence représente le segment qui connaît la plus forte croissance dans l’IA. À mesure que les applications se répandent, l’exécution domine la demande.
Pour le développeur, cela modifie le calcul. Une puce dédiée peut réduire le coût par requête. De plus, elle peut réduire la consommation d’énergie. Ainsi, les projets à grande échelle gagnent en souffle financier.
Deepseek fait encore face au goulet d’étranglement de la fabrication
Concevoir une puce compétitive demande du temps. En général, ce processus prend des années. Il nécessite aussi beaucoup de capitaux. Par conséquent, le succès n’est pas assuré.
La fabrication impose un autre obstacle. En effet, les États-Unis interdisent aux concepteurs chinois d’accéder aux fonderies les plus avancées. De plus, des restrictions distinctes limitent l’accès à la mémoire à haute largeur de bande. Cet élément est toutefois essentiel pour les puces d’inférence.
Pour l’heure, le projet est encore à un stade précoce. Deepseek recherche des partenaires externes. Elle discute avec des entreprises de conception, des fonderies et des mémoires. De plus, l’entreprise accélère le recrutement d’ingénieurs en puces. Toutefois, ce recrutement se fait discrètement.
Deepseek s’inscrit dans un mouvement mondial en faveur d’un silicium propre
Deepseek suit une tendance mondiale. Récemment, OpenAI a dévoilé Jalapeño, son premier puce d’inférence, fabriqué avec Broadcom. Pendant ce temps, Anthropic envisage de construire ses propres puces. Par conséquent, le contrôle du matériel est devenu une priorité dans le secteur.
Pour Deepseek, toutefois, il existe une couche supplémentaire. Au-delà du coût, il y a la souveraineté technologique. Autrement dit, la puce répond à la fois au marché et à la géopolitique.
Ce que ce mouvement signifie pour ceux qui construisent l’IA
Le message pour les développeurs est clair. La couche matérielle s’ouvre. Ainsi, de nouvelles options devraient apparaître en dehors de Nvidia. Par conséquent, la concurrence devrait pousser les prix à la baisse.
Pourtant, la prudence vaut la peine. Après tout, un chip annoncé met du temps à devenir un produit réel. De plus, la maturité de l’écosystème logiciel compte énormément. Bibliothèques, pilotes et support définissent l’adoption.
Enfin, Deepseek signe un changement de fond. La lutte pour l’IA ne se limite plus aux modèles. Désormais, elle atteint le silicium. Par conséquent, il convient de suivre de près les prochains chapitres de cette dispute.
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