Moderniser une banque ne consiste pas à débrancher d’anciennes machines. Du moins, pas pour Bradesco. La banque a décidé de maintenir le mainframe au cœur du système bancaire. Pourtant, elle va intégrer l’intelligence artificielle à son fonctionnement. Pour ceux qui développent des systèmes critiques, ce choix mérite une analyse.
Dans ce qui suit, voyez comment la banque envisage l’architecture. De plus, comprenez ce que cela enseigne sur l’héritage, le cloud et l’IA.
Moderniser ne consiste pas à tout déconnecter : l’erreur mentale que Bradesco évite
Marcelo Bergamini est le superviseur principal de la technologie chez Bradesco. Récemment, il a contesté une idée répandue sur le marché. Selon l’exécutif, moderniser ne signifie pas abandonner une technologie. Autrement dit, l’objectif est l’architecture, et non le remplacement pur et simple.
Ce point semble évident. Cependant, de nombreux projets démarrent par le remplacement total du système. C’est pourquoi son propos attire l’attention. Après tout, il propose d’évaluer chaque technologie avant de migrer quoique ce soit.
Comment la banque décide de ce qui reste au cœur et de ce qui va dans le cloud
La règle est simple : la criticité. Par conséquent, les opérations de débit et de crédit restent sur le mainframe. Cet environnement offre stabilité, robustesse et performance. Quant aux processus périphériques, ils suivent une autre logique.
Bergamini a donné un exemple concret. Après avoir approuvé un prêt, le système génère des journaux/logs. Or, cette tâche n’exige pas le mainframe. Il existe des alternatives plus spécialisées et moins coûteuses. Ainsi, la banque réduit les coûts sans toucher au cœur.
Événements dans le cloud, transactions sur le mainframe
Le secret réside dans la séparation des parcours. Ainsi, ce qui relève d’événements va dans le cloud. Pendant ce temps, ce qui dépend du cœur demeure sur le mainframe. Cette architecture n’est pas nouvelle pour les architectes. Cependant, le voir appliqué dans une grande banque aide énormément.
Concrètement, cela signifie des charges de travail orientées vers les événements d’un côté. De l’autre, des transactions synchrones et sensibles. En résumé, chaque charge s’exécute là où elle offre les meilleures performances.
Bradesco : la couche d’intégration est le nouveau champ de bataille
Ici réside le point le plus intéressant pour les développeurs. Lorsque les modèles d’IA ont besoin de données du cœur, un défi apparaît. L’information réside dans le mainframe. Or, l’intelligence tourne dans le cloud. Par conséquent, il faut que quelqu’un connecte ces deux mondes.
Ce pont requiert de la prudence. Middleware, orchestration et streaming d’événements entrent en jeu. D’ailleurs, ce sont ces plateformes qui ressentent le plus le redesign. C’est pourquoi ce sujet intéresse ceux qui conçoivent des intégrations.
Latence: le goulot d’étranglement caché de l’IA en temps réel
L’IA générative veut des données fraîches. Cependant, récupérer ces données au cœur prend du temps. Chaque appel entre le cloud et le mainframe ajoute de la latence. Dans des scénarios en temps réel, cela devient une friction. Il est donc utile de mesurer ce retard dès le départ.
Sans cette vigilance, les agents autonomes perdent leur fiabilité. Et la fiabilité est précisément ce que le cœur exige. Ainsi, le redesign cesse d’être un détail. En réalité, il devient une condition pour que l’IA fonctionne.
Ce que le développeur retire de cette histoire
La thèse de la coexistence est défendable. Toutefois, il convient d’observer la couche d’intégration avec attention. C’est là que apparaissent latence et complexité. Donc, commencez par les parcours les moins critiques. Ensuite, évoluez avec la gouvernance et la sécurité.
Voici un avertissement contextuel utile. Le propos a été tenu lors d’un événement co-promu par un fournisseur de mainframe. Cela n’invalide pas la thèse. Cependant, cela aide à comprendre le contexte de la déclaration.
En fin de compte, la leçon est simple. Bien moderniser, c’est choisir où chaque charge s’exécute. Tout n’a pas besoin d’aller dans le cloud. Et l’héritage, lorsqu’il est bien utilisé, offre encore une grande valeur.




